Tanganyika, errance africaine. (2019) - Alex Vigot
Tanganyika, errance africaine. (2019)
Cette série évoque ma traversée de l’Afrique, continent mythique à mes yeux, depuis tout jeune. Une Afrique d’abord fantasmée avant que je n’y pose les pieds pour la première fois. De nombreux voyages se sont succédés et depuis quelques années les photographies. La série raconte cet itinéraire photographique, émaillé de rencontres. La photographie est ce qui me relie à l’autre, mon semblable. Nous sommes alors proches un court instant. Parfois les masques tombent et je vois dans les regards et derrière les décors ce qui n’est pas exprimé mais ressenti. Je construis mon histoire avec des fragments épars piochés au gré de mes rencontres, découpés dans le réel. j’appréhende ainsi un monde qui n’est pas le mien, autant familier qu’inconnu.
Cette série montre une Afrique multiple. Je traverse le continent depuis l’Atlantique, jusqu’à la Région des Grands lacs, jusqu’à Tanganyika, lieu de rencontre et de mélange.
Cette errance photographique couvre une dizaine de pays d’Afrique et une période de quatre années (de 2016 à 2019).

"Alexandre Vigot est un photographe pour qui la photographie est plus que juste un instrument de voyage, plus qu’un esthétisme. C’est du vécu. Du partagé. Et à partager après avec nous, qui les regardons. De son Auvergne natal de son enfance, il va jusqu’à la région des grands Lacs, jusqu’au Tanganyika où il retrouve ses montagnes. Il y va puis il y retourne : et petit à petit, au-delà du décor, au long des routes et des pistes, ont lieu des rencontres des gens car Vigot est essentiellement un photographe humain, à l’écoute des autres, de l’Autre.
Personnellement, je suis très touché par ses portraits : rien de spectaculaire, mais très directs, très francs. Cet homme qui le regarde calmement, silencieusement, il a compris que Vigot était comme un fils, pas un simple voyageur, pas un voleur d’image ni un chercheur de spectaculaire, mais un jeune homme au regard sincère. C’est pour cela que ses photos me parlent.
Aussi, pour moi qui suis pas mal allé en Afrique, essentiellement au Sahel, dans les années 70 du 20ème siècle, dans ses photos je découvre le 21ème siècle : les années ont passé, les pays ont changé. Finalement, à quoi sert la photographie ? à témoigner. Et Alexandre Vigot est un bon exemple de ce partage que procure la photographie : on découvre, on prend des photos, une fois accepté, ce qui est une condition essentielle, et le déroulement de la vie ainsi se partage pour la meilleure des raisons : aimer les autres : c’est de cela que parlent ses photographies, simplement, discrètement, avec modestie, sans paroles nécessaires, la photographie généreuse à l’état pur."
Bernard Plossu
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